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    Catherine Phalippou

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    Militante associative, soit, mais essentiellement citoyenne n'ayant jusqu'ici jamais eu que le souci de remplir son devoir civique, je me suis engagée durant la campagne des Cantonales de 2011 en soutien à Jean-Marie Goater pour rappeler que la citoyenne, le citoyen lambda est responsable quand elle ou il laisse mourir le débat d'idées et consent que des politiques professionnels le confisquent.
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La formation au peuple du peuple : politeïa grecque et humanitas romaine

Posté par Catherine Phalippou le 28 décembre 2010

Rousseau dans son ouvrage intitulé Du Contrat Social nous  a appris que le peuple n’est pas une donnée géographique, ni naturelle,  que le peuple est le groupe contractant, s’associant autour de lois qu’il se donne lui-même parce qu’il veut vivre ensemble. Le peuple est la chose publique, la res-publica. Mais comment garantir les liens entre citoyens pour qu’ils ne restent pas seulement formels ? Comment accorder les intérêts particuliers des individus et le bien commun ? (cf Du Contrat Social, Livre IV, chap. VIII).

L’obligation d’obéir ne peut être fondée sur le seul contrat

Toute « cité moderne » légitime se construit sur un contrat et non sur le prétendu droit de la force, chacun s’y engage volontairement et repose cet engagement sur le souci du bien commun, de l’intérêt général. Il faut bien toutefois reconnaître que l’engagement citoyen qui fait naître la république ne peut rester une oeuvre de la froide raison. Pour éviter les Etats arbitraires, les despotes, nous avons bien sûr intérêt à n’obéir qu’aux lois que nous avons contribué à élaborer, mais pour que l’union politique ne soit pas garantie que par une recherche intéressée, pour que nous fassions notre devoir de citoyen avec enthousiasme, il faut que nous aimions la république, le contrat lui-même. Il nous faut l’aimer jusqu’au point qu’elle nous apparaisse comme tellement sacrée qu’elle vaille bien que nous ne suivions pas nos intérêts égoïstes quand la volonté générale les frustre.

Comment rendre l’obéissance sacrée ? Il ne suffit pas que l’autorité soit légitime, bien qu’il faille qu’elle le soit comme préalable, pour instaurer de l’inviolable dans le vécu républicain. Rousseau réfléchit sur la liaison, le lien social, sur ce qui relie un peuple, un ensemble de citoyens qui a voulu les lois auxquelles il obéit. Il faudrait une religion civile, suggère-t-il.

Pas de théologie dans cette religion, rien que de très politique nous rassure-t-il. Le peuple, le souverain, c’est-à-dire celui qui dispose du pouvoir des lois fixerait les dogmes communs. Sur eux s’accorderait la confiance des citoyens en la chose publique. Celle-ci s’incarnerait et les citoyens pourraient avoir la foi civile, la confiance en un peuple rendu aimable à lui-même. Les croyances qui animeraient cette foi ne réclameraient aucune capitulation de la raison mais préciseraient ce qui doit être pour aimer cohabiter. Par exemple que l’intolérance soit bannie, que le contrat social soit sacralisé ou que la moralité sociale soit la principale des vertus faite loi « qui ne se grave ni sur le marbre, ni sur l’airain, mais dans le coeur des citoyens » (Livre IV toujours).

Mais attention aux doctes politiques, à ceux qui savent pour nous et nous servent des valeurs si belles : « travail, famille, patrie » par exemple.

Pas d’exclus de la culture comme moyen de civilisation :

Le citoyen doit être éduqué, mais il ne faudrait pas là une culture distinctive telle celle à laquelle les Grecs attachaient une grande importance. La démocratie athénienne ne tenait en effet que grâce à un tissu culturel commun, à un héritage qui fédèrait certes les générations, mais excluait de la reconnaissance des hommes libres et respectables ceux qui n’en avaient pas connaissance : les plus éloignés étant les barbares dont même la langue était dite incompréhensible. Etait ainsi appelée paideia ce socle chez les Athéniens et humanitas, ce même socle chez les Romains.

Nous demeurons convaincus que dès l’enfance doit être encouragée la représentation du bien commun chez les enfants, en leur montrant combien il leur est bénéfique (sans pour autant leur être en quoi que ce soit « profitable », il est vrai, ce qui impose de rompre avec les valeurs consuméristes sinon hédonistes ambiantes auxquelles nous laissons excessivement le devant de la scène).

Par exemple, que la cité se dote d’un réseau de bibliothèques publiques repose sur une confiance placée par la communauté en chaque citoyen*. La cité fait le pari que les ouvrages prêtés seront soigneusement traités et le « retour sur investissement » est largement positif car cette confiance qui est gratifiante et stimulante donne aux individus envie de prendre place dans la cité.

*cf ce billet d’Hé, lecteurs à St Martin ! (cliquer pour ouvrir) sur le rôle politique essentiel des bibliothèques selon nous, et ce deuxième  billet d’Hé, lecteurs à St Martin !  (cliquer pour ouvrir) sur les « Troisièmes Lieux » en sociologie, enfin ce troisième billet d’Hé, lecteurs à St Martin !  (cliquer pour ouvrir) sur l’impossibilité de se dispense d’un effort à réclamer du citoyen (Ah, démagogie quand tu nous tiens !).

 

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